Olargues

Plus beau village de France

Histoire


1. La genèse du village et son développement du Moyen Age jusqu'à maintenant



2. La ligne de chemin de fer « Montauban – Montpellier » via Castres et Olargues


La genèse du village et son développement
du Moyen Age jusqu'à maintenant
Grâce aux travaux de fouille du site d'Olargues depuis plusieurs années, des informations concrètes sont désormais restituables concernant l'histoire de la genèse du village, son succès et sa durée depuis le Moyen Age jusqu'à maintenant.

Une occupation ancienne peut avoir lieu autour des X-XIe siècles à Olargues-le-Vieux, près du prieuré de Saint Julien : sur le piton très escarpé on observe les restes d'une tour, à mi-pente un bâtiment assez grand, et à la base des cabanes rassemblées. Toutes présentent un même mode de construction d'origine romaine "en arêtes de poisson", efficace pour raidir les élévations ; système qui est abandonné dans nos régions vers le XIIe siècle, ce qui est un indice pour dater l'installation. Cette première période est pleine d'insécurité et les gens vont se regrouper autour de ceux qui peuvent les protéger, seigneurs ou ecclésiastiques ; en échange, ils offrent leur force de travail. De ce mouvement vont naître les villages et la féodalité.

Autour du XIIe siècle, la situation est plus stable, on a moins besoin d'être perchés. On recherche des possibilités de développement efficace: le choix d'Olargues conjugue défense sûre et économie viable (naturellement défendu par trois de ses flancs et une pente au sud suffisamment douce pour y installer un village avec eau et terres cultivables, au croisement de routes importantes). On sait qu'en 1127 les seigneurs d'Olargues sont implantés sur ce piton autour duquel s'enroule le Jaur et un premier regroupement de maisons est encore observable directement autour du château sous la forme de "caves", de ruelles, de placettes, d'escaliers creusés dans le rocher. Un rempart haut encore bien conservé protége le château alors qu'un rempart bas contre lequel sillonne un chemin de ronde enserre les fonds de cabanes et va rejoindre les façades jointives fermant le village.

Une église castrale dédiée à Saint-Laurent est consacrée en 1227, soit au moins un siècle après la construction du château. Entre ces deux dates, doit se développer solidement le village selon un développement rapide et une urbanisation efficace. Le pont du diable s'intègre parfaitement dans la trame cadastrale médiévale et son débouché sur la rive droite est maîtrisé puisqu'il s'inscrit à l'intersection du verrou géologique formé par un important aplomb du socle rocheux et de celui, architectural et bâti, qu'imprime la morphologie du village. Notons l'exceptionnelle qualité technique de ce pont, travail coûteux et prestigieux permettant un contact essentiel avec la route Nimes-Toulouse.

Les fouilles ont permis de mettre au jour les vestiges de l'église castrale Saint Laurent à l'arrière de la tour clocher. Son plan traduit des contraintes fortes, celles de bâtiments déjà construits, puisque insérés entre la tour et un bâtiment au sommet de la butte. On peut observer quatre piliers contre la paroi rocheuse répondant à ceux inscrits dans la face nord de la tour, traces de grands arcs en pierre supportant un plafond et qui dessinent encore cinq travées bien repérables. Le chevet est plat mais bordé de deux absidioles, un chœur surélevé avec au centre un maître-autel. Quelques marches taillées dans le rocher permettent de rejoindre la nef.

Les archives nous apprennent qu'en 1313 des embellissements sont faits dans cette église : le chœur est agrandi par le comblement d'un possible déambulatoire et une grande porte couverte d'un arc en tiers-point établit une communication directe avec l'intérieur de la tour ; un escalier d'envergure occupe désormais la largeur de l'édifice à la jonction du chœur et de la nef tout en rattrapant les irrégularités du plan ; un nouveau dallage couvre également chœur et nef. L'édification tardive d'un clocher en pierre en est le dernier avatar, ouvrage coûteux aussi remarquable que remarqué, dominant totalement le paysage. Il peut être la marque de l'importance affirmée des Thésan, famille noble qui reprend sous son autorité le village au XVIIe siècle après une longue période laissée majoritairement au pouvoir consulaire.

L'envergure et la longévité de l'église (de 1227 à au moins 1667) sont certainement le signe de la puissance seigneuriale du lieu et de l'efficacité de ses alliances. Celle-ci s'exprime dans le choix de l'implantation du village, le rendement de la trame urbaine et la qualité exceptionnelle de son pont. L'église supplante visiblement le prieuré Saint Julien pour devenir paroissiale. La décision de faire une nouvelle église dans le village n'intervient qu'à la toute fin du XVIIe siècle, une fois le château définitivement déserté puis ruiné.

L'occupation du sommet est vraisemblablement liée à l'inscription d'un grand bâtiment matérialisé au sud et à l'est par d'épais murs solidement chaînés et pouvant matérialiser une tour contre laquelle se développe un bâtiment à étage, probable logis dont il ne reste rien ; le rez-de-chaussée révèle des installations fonctionnelles que la fouille complète permettra peut-être de préciser : un bassin avec son système de trop-plein, de découpes quadrangulaires de faible envergure dans le rocher, des aires passantes aplanies et une grande plate-forme rocheuse au sud.

Un réaménagement est repérable sur l'ensemble de cette zone et datable de la première moitié du XVIIe siècle par une céramique caractéristique de cette période (écuelle à oreilles, conque, décor à engobe de bandes blanches sur fond brun, marbrée, molette...). La surface garde le souvenir d'une installation qui perdure au moins jusqu'à la fin du XVIIe siècle (décor à engobe avec cercles rouges sur fond blanc, vernissée verte et jaune). Ce qui va dans le sens de Sahuc, qui donne le château pour ruiné en 1671.

Au sud, le dégagement complet d'une de ces caves creusées dans le schiste comme la majorité des maisons à Olargues, semble bien marquer la première ligne d'habitations villageoises appartenant au noyau primitif autour du château. Vous observerez les dimensions particulièrement importantes de cette base de maison (55 m2) sans doute à usage fonctionnel. Elle se répartit autour d'un mur de refend transversal pouvant supporter la faîtière du toit tout en permettant de réduire les portées des poutres de l'étage dont les ancrages dans les parois sont encore visibles. Dans le sol, on observe trois creusements rectangulaires entourés de trous de poteau. Il s'agit visiblement de structures artisanales (métier à tisser?) qui se partagent l'espace du rez-de-chaussée.

Sur le plateau, on repère dans l'herbe la trace (plus foncée) de murs découpés dans le rocher sur la partie haute du socle rocheux et à hauteur du premier étage. Nous somme au contact des premières maisons encore en place du village. Sur l'ensemble du site chaque espace est utilisé et laisse son empreinte dans le schiste.

Ce site important nous pose encore beaucoup de questions, mais il permet déjà de mieux comprendre les modes d'implantation de nos anciens dans cette région du Languedoc. En montagne, la vie est âpre, il y a plus de hameaux que de villages, ceux qui réussissent leur implantation sont liés aux seigneuries importantes du lieu: c'est le cas d'Olargues.

Astrid Huser, archéologue



La ligne de chemin de fer « Montauban – Montpellier » via Castres et Olargues.

Cette ligne fût créée par la Compagnie des Chemins de Fer du Midi suite à la concession faite par l’Etat le 23 Avril 1874. Cette concession était elle-même issue de la convention de 1868 dans laquelle l’état accordait à la Compagnie du midi plusieurs lignes dont Bédarieux – Mazamet. Cette ligne de 270 Km au départ de Montauban passe par Villemur (embranchement avec la ligne locale pour Toulouse) – St Sulpice du Tarn (croisement avec la ligne de Toulouse à Paris via Capdenac) - La Crémade, croisement de la ligne Castelnaudary à Castres – Castres – Mazamet – St Pons – Olargues – Lamalou les bains – Bédarieux (bifurcation vers Neussargues) – Faugères (bifurcation vers Béziers) – Montbazin Gigean (bifurcation sur Balaruc et Sète) – Montpellier.

De 78 Kms plus courte que la ligne via Toulouse et Narbonne, cette ligne fût réalisée en plusieurs tronçons, et 23 ans furent nécessaires pour l’achever. Le premier maillon, La Crémade (Castelnaudary) – Castres fût inauguré le 15 avril 1865.

Ensuite, petit à petit vinrent la mise en service des autres parties :

·       le 23 Avril 1866 Castres – Mazamet,

·       le 20 Septembre 1858 Béziers – Bédarieux,

·       le 28 Décembre 1858 Bédarieux – Graissessac.

·       Le tronçon St Pons – Bédarieux (37 Km) via Olargues et Lamalou fût le dernier à être mis en service, il fût inauguré le 10 novembre 1889.

De nombreux problèmes techniques vinrent s’ajouter à la difficulté naturelle du parcours, dont en particulier les grandes crues, celle du fleuve Hérault en Octobre 1868, et du Jaur et de l’Orb en 1875. Par ailleurs, dans le secteur entre La Bastide-Rouairoux et Bédarieux, le nombre et l’importance des ouvrages d’art ne simplifièrent pas la tâche des constructeurs. Le tunnel de la Fenille est 766m de long à 470 m d’altitude. Le viaduc de Bédarieux nécessitait 37 arches et 2 tunnels, et 10 autres tunnels, soit en tout 2068 m. Il y fallait constuire aussi le viaduc d’Hérépian de 60 m., le Pont Carels de 5 arches à Lamalou et les viaducs de type Eiffel d’Olargues (131 m et 3 travées pour celui en sortie de la gare, et celui de Julio un peu moins important). Pendant la construction, de nombreux paysans vinrent sur les chantiers seconder les ouvriers, cela leur a permis pendant quelques années d’améliorer nettement leurs revenus en pratiquant deux métiers.

La convention de 1868 indiquait l’instauration d’une voiture directe Lamalou-Paris attelé à l’omnibus, d’où le nom ronflant d’express Paris-Lamalou. Il y avait deux locomotives avec leur tender, un wagon de marchandise, 4 voitures de voyageur dont une Lamalou Paris, plus grande et plus confortable, et deux ou trois wagons de marchandise pour terminer. Plus tard, à la grande époque du thermalisme avant la guerre de 39-45, un véritable rapide Lamalou-Paris faisait le trajet en 12 heures et ne s’arrêtait pas aux petites gares. Il passait par Mazamet, Castre, St Sulpice du Tarn, Capdenac, Limoge, Paris Gare d’Orsay.

N’oublions pas que dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une guerre économique s’était engagée avec l’apparition du chemin de fer. Les différentes compagnies se battaient pour un tronçon, un secteur, une limite. Pour nous, ce fût principalement l’intérêt économique qui prévalut dans cette guerre du rail, qui dans notre midi allait de mèche avec la guerre du vin et opposé le PLM à l’est, le PO à l’ouest et le MIDI au centre pour transporter le vin sur Paris.

C’est le 10 juillet 1972 que le transport des voyageurs fût arrêté sur cette ligne entre Bédarieux et Mazamet, et en 1986 c'’est l’'arrêt définitif. Un train touristique essayera de faire revivre la partie de la ligne de Bédarieux à Mons la Trivalle pendant quelques années, grâçe à une équipe de bénévoles, mais les années passant, la gestion de cette petite ligne devint difficile, et elle est désormais arrêté. Le département de l’'Hérault a repris le tracé de la ligne et l’'a transformé en Piste verte entre Olargues et Mons la Trivalle. Puis avec l'aide et l'insistance du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, une Voie Verte (Passa Païs) fut créée de Mazamet à Bédarieux.

Résumé des informations recueillis par J.C. Branville.

Dernière mise à jour - 15 avril 2019
Olargues - Un des plus beaux villages de France